Chroniques de la ferme

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26 novembre 2013

Du jus de pomme… chinois!

pommesParfois, on tombe véritablement en bas de sa chaise! C’est ce qui m’est arrivée à la suite d’une petite chronique présentée à l’émission politico-humoristique Infoman, à Radio-Canada. C’était tout simple, avec ironie et sarcasme bien entendu, mais très instructif. J’ai alors compris que nous ne savons vraiment pas, mais vraiment pas, ce qui se retrouve dans notre assiette!  

À l’ère du jardinage urbain, des jardins communautaires, des paniers fermiers et des potagers en façade, savons-nous réellement ce que nous mangeons lorsque nous passons au supermarché? Nous avons beaucoup de vouloir, mais peut-être aussi bien peu de pouvoir! Cette chronique présentée par la vice-présidente du mouvement Slow Food Montréal, la foodie Katerine-Lune Rollet, nous apprend que nos aliments voyagent en moyenne 3 000 km avant d’atterrir dans nos assiettes! Que du poissons pêchés dans le coin d’Halifax transitent par Boston avant de revenir vers chez nous et que du chocolat qui déjà ne vient pas de chez nous passe par certaines usines américaines pour en créer les sous-produits (cubes, pépites…) avant de revenir dans notre province pour finaliser sa transformation. Long est le voyage du champ à l’assiette!

Mais au-delà du cas de l’ail chinoise qui est déjà bien connu, alors que le Québec produit de si belles variétés d’ail, saviez-vous que plusieurs de nos produits contenant des pommes sont en fait composés de concentré de pomme provenant de la Chine? Des pommes! Il y en a plein au Québec! Pourtant, le jus de pomme fermenté ou alcoolisé fait partie des importations majeures que nous faisons avec la Chine, à hauteur de plus de 13,9 M$! De quoi tomber… dans les pommes! 

La plupart des poissons surgelés que nous consommons, de même que les crevettes, proviennent également de Chine. Votre bon yogourt aux pêches made in Québec : avec des pêches chinoises! Eh oui! 

Et tout cela est sans compter les tomates californiennes qui partent dans de gros camions conçus pour les faire mûrir en chemin… Et qui arrivent à bon port en moyenne 2 semaines plus tard. Des produits bien frais de 2 semaines! 

Alors, comment pouvons-nous réellement nous en sortir si nous souhaitons manger local? Il faut continuer à cultiver son petit carré de terre, car un potager, aussi petit soit-il, contribue à diminuer votre consommation de produits « frais » chinois ou d’ailleurs dans le monde. Cuisiner plus est aussi une option et encourager les producteurs autour de chez vous également (viande bio, oeufs, légumes…). 

Pourquoi, par exemple, ne pas vous faire du jus de pomme maison après votre cueillette automnale? Ou acheter de l’ail québécois? Aller à la pêche l’été? Acheter un peu moins de clémentines du Maroc même si vous manquez de vitamine C à l’approche de Noël? 

Une réflexion s’impose ici, vous ne trouvez pas?

 


Véronique Lemonde   Accédez à mon parcours »