Chroniques de la ferme

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23 juillet 2014

Payez et emportez!

Framboises noires Black Jewel. Source : insatiable-curieuse.blogspot.com

Ces temps-ci, nos potagers débordent de petits fruits : cassis, framboises rouges, jaunes et noires, bleuets, rhubarbe, groseilles, baies de sureau… S’ajoute à cela la fleur d’ail, les gourganes qui sont en bon chemin, les oignons de Ste-Anne et bientôt l’ail et les tomates.

C’est particulièrement frappant avec nos cassissiers qui découvrent une quantité vraiment abondante de baies noires. À qui les donner ou les vendre puisque nous ne les cuisinerons pas toutes? Après en avoir congelé une bonne récolte, nous nous questionnons. Je me suis alors souvenue du système de paiement « sur honneur » et je me suis mise à rêver d’un petit kiosque de fruits et légumes parfait pour la paresseuse en moi!

Originaire de Grande-Bretagne, ce système audacieux fait confiance à l’honnêteté des gens en instaurant des kiosques de fruits et légumes où seule une boîte cadenassée sert pour le paiement, alors que les propriétaires sont absents, occupant la plupart du temps un emploi régulier à l’extérieur. Quelle idée ingénieuse!

Cette manière de faire basée sur la bonne foi des gens s’est répandue au Vermont, surtout dans les îles du lac Champlain comme à South Hero, Grand Isle ou Alburgh. Outre les marchés fermiers qui se tiennent dans la région chaque semaine, lieu de rassemblement par excellence, le reste de la semaine, les producteurs font confiance à l’honnêteté des clients et laissent leurs produits sans surveillance, dans des abris au bord de la route. « À Darby Farm d’Alburgh, on dépose soi-même ses tomates dans la balance, on utilise la calculatrice qui traîne à côté et on dépose son argent dans un pot. » (source : La Presse, 20 juillet 2012)

Ici, au Québec, les Vergers Cassidy, à Franklin, dans le sud-ouest de la Montérégie, utilisent également ce système de paiement « on your honor » depuis des lunes. 99 % des fois, aux dires des propriétaires, les gens sont très honnêtes et reviennent même parfois lorsqu’ils leur manquaient 25 sous pour compléter leur achat! Ainsi, ces producteurs peuvent conserver un emploi à l’extérieur et offrir 7 jours sur 7 une abondance de produits frais qu’ils auront peut-être récoltés la veille par exemple.

Qu’en pensez-vous? Passeriez-vous par chez nous pour un casseau de framboises?


Véronique Lemonde   Accédez à mon parcours »